On ne croise pas tous les jours un harmoniciste capable de faire swinguer l'électro, mais Laurent Maur, lui, s'y frotte sans complexe. Pour cette dernière soirée des Harmonica Days, direction Pékin avec son tout nouveau Soundscape Quartet — et croyez-nous, le voyage vaut le détour.On le connaissait plutôt dans des habits acoustiques, complice de Mario Canonge ou du Georges Kontrafouris Trio, ou encore aux côtés d'Emilie Calmé dans le si singulier Youpi Quartet. Cette fois, changement de décor complet avec une esthétique funk/jazz/electro sur « Dark Rêverie ».Autour de lui, Emilie Calmé reprend du service aux flûtes, Curtis Efoua tient la batterie, et un petit nouveau vient chambouler l'équation : Clément Simon aux claviers, synthé-basse à la main gauche, piano à la main droite — un homme-orchestre à lui tout seul.L'album est né d'une parenthèse volée en mai 2024, deux jours « off » pendant une tournée chinoise, en marge du festival de jazz de Taihu à Pékin. Un titre qui parle des ombres de notre époque, mais qui garde toujours une porte entrouverte sur le rêve et l'espoir.Au programme : un groove qui ne lâche jamais l'affaire, et une vraie nouveauté sonore avec des textures électroniques signées DJ Uzul, pendant que l'harmonica MIDI DM48X de Laurent Maur s'aventure vers des nappes qui frôlent le synthé, voire l'EWI par moments. Une soirée placée sous le signe de Toots, pour aller voir jusqu'où l'harmonica peut vraiment nous emmener.